Pour aller plus loin
- Avis de l’ADEME : tout savoir sur la neutralité carbone (ADEME, 2021)
- (In)justice climatique (Gett'up, 2024)
Le dérèglement climatique est l’un des défis majeurs du XXIe siècle. Ses manifestations se multiplient à l’échelle mondiale comme en France, et les causes de cette évolution sont clairement identifiées : les émissions massives de gaz à effet de serre (GES) produites par les activités humaines depuis la révolution industrielle (industrie, agriculture, transports, habitat, consommation).
Face à ce constat, la communauté internationale s’est fixée des objectifs ambitieux. L’Union européenne vise une réduction de 55 % de ses émissions d’ici 2030 (par rapport à 1990) et la neutralité carbone en 2050. La France a décliné ces engagements dans la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et impose aux collectivités locales des démarches de planification (Plans Climat Air Énergie Territoriaux).
Ces stratégies ne relèvent pas uniquement de choix techniques : elles nécessitent une profonde transformation des modes de vie, des pratiques économiques et des modèles de développement. Une “transition écologique juste” est nécessaire, telle que définie par le Lab de l’Économie Sociale et Solidaire: “une transformation radicale et démocratique de notre société visant à assurer tant la soutenabilité écologique de cette dernière qu’une réponse digne et suffisante aux besoins”.
Dans les quartiers prioritaires, la transition écologique peut sembler une préoccupation lointaine face à l’urgence sociale. Pourtant, ces territoires sont particulièrement concernés :
La lutte contre le dérèglement climatique dans les QPV doit donc combiner réduction des émissions et justice sociale. Elle peut générer des bénéfices multiples sur le plan économique (création d’emplois locaux et de nouvelles filières), social (réduction de la précarité énergétique, amélioration de la santé, valorisation des initiatives citoyennes) et environnemental ( baisse des îlots de chaleur, développement de la biodiversité). Plutôt qu’une contrainte supplémentaire, l’action climatique peut devenir un levier de cohésion et de transformation positive pour les quartiers, à condition d’y associer étroitement les habitants et de leur donner les moyens d’agir.